On dit souvent que le sommeil est universel. Tout le monde en a besoin. Tout le monde en fait l’expérience. Mais la manière de dormir varie — d’un pays à l’autre, d’une famille à l’autre, parfois même d’une génération à l’autre.
Certains dorment pendant la journée. D’autres en plusieurs phases. Certains dorment avec toute la famille dans une seule pièce. D’autres complètement seuls. Et tout cela a ses raisons — culturelles, climatiques, spirituelles.
Et lorsqu’on s’y intéresse, on comprend vite : il n’existe pas une seule bonne façon de dormir. Mais il existe de nombreuses façons qui fonctionnent.
La sieste en Europe du Sud – De courtes pauses aux grands effets
En Espagne, en Italie ou en Grèce, la sieste est bien plus qu’un simple repos de l’après-midi. Elle fait partie du rythme quotidien. Surtout dans les régions chaudes, où l’après-midi est difficile à supporter, cette pause est profondément ancrée dans la vie sociale.
Les magasins ferment. Les rues deviennent plus calmes. La vie ralentit — pendant une heure, parfois deux. Puis vient un nouveau départ en soirée.
La sieste montre que le sommeil ne doit pas toujours avoir lieu la nuit. Et parfois, une courte pause est exactement ce dont le corps a besoin pour se régénérer.
Inemuri au Japon – Dormir comme signe de dévouement
Alors que dans de nombreux pays occidentaux, dormir est parfois associé à la paresse, au Japon, c’est tout le contraire. Il existe le concept d’Inemuri — qui signifie « dormir tout en étant présent ».
Les gens dorment dans le métro, au travail, sur des bancs publics. Non pas par négligence, mais parce que cela montre qu’ils ont tout donné. Qu’ils ont été dévoués. Et que leur corps a maintenant besoin de repos.
L’Inemuri est socialement accepté, voire respecté. Et peut-être nous rappelle-t-il que dormir n’est pas une faiblesse, mais une preuve de notre humanité.
Dormir dehors en Scandinavie – Les bébés à l’air libre
Ce qui surprend en Europe centrale est tout à fait normal en Norvège, en Suède ou en Finlande : les bébés dorment dehors. Dans le vent. Dans le froid. Parfois même à des températures négatives — bien sûr, bien couverts.
L’idée ? L’air frais est bénéfique. Il renforce le système immunitaire et favorise un sommeil profond et paisible. Des études le confirment. Les parents disent souvent que leurs enfants dorment mieux dehors qu’à l’intérieur.
Alors que certains ferment toutes les fenêtres, les pays nordiques montrent que le véritable repos se trouve parfois là où on s’y attend le moins : dehors, dans le calme.
Le sommeil polyphasique dans les cultures traditionnelles
Dans de nombreuses sociétés modernes, il est courant de dormir une seule fois par nuit — 6 à 8 heures d’affilée. Mais historiquement — et encore aujourd’hui dans certaines cultures — le sommeil se fait en plusieurs phases.
Le sommeil polyphasique divise la nuit en plusieurs périodes : deux phases principales ou plusieurs siestes réparties dans la journée, selon les besoins de la vie quotidienne.
Pêcheurs, nomades, moines — tous ont trouvé des moyens de fonctionner avec peu de sommeil, mais bien réparti.
Cela nous rappelle peut-être qu’il n’existe pas une seule durée idéale de sommeil, mais différentes façons d’être reposé.
Dormir ensemble – Exemples historiques et actuels
Il y a encore quelques siècles, c’était tout à fait normal : dormir était une activité collective. Les familles partageaient une pièce. Les enfants dormaient avec les parents. Parfois même tous dans un seul grand lit — non pas par nécessité, mais par habitude et par proximité.
Aujourd’hui encore, dans de nombreuses cultures, le sommeil partagé est courant. Dans une seule pièce, sur des nattes, sous des moustiquaires. En Asie, en Afrique ou en Amérique du Sud, cela fait simplement partie du quotidien.
Ce qui peut sembler étrange ailleurs représente là-bas : sécurité, lien, chaleur. Et peut-être est-ce pour cela que le sommeil y paraît plus naturel.
L’influence de la religion et de la spiritualité sur le sommeil
Dans de nombreuses cultures, la journée ne se termine pas simplement — elle se clôt par un rituel. Une prière. Une méditation. Un moment de gratitude.
Dans l’islam, la prière du soir (ʿIshāʾ) joue un rôle important. Dans le judaïsme, on récite le Shema Israël. Dans le christianisme, la prière du soir fait aussi traditionnellement partie de la fin de la journée. Et dans le bouddhisme, le sommeil est souvent vu comme une transition, et non comme une fin.
Ces rituels aident à lâcher prise, à laisser derrière soi les soucis et à aborder le sommeil avec sérénité.
Peut-être est-ce justement ce respect du moment de s’endormir que nous avons perdu.
Conclusion – Le sommeil est universel, mais jamais identique
Toutes ces différences montrent que le sommeil est profondément lié à la culture, au climat, à l’histoire et aux croyances. Plus on en apprend, plus on comprend que ce qui est normal pour nous peut être inhabituel ailleurs — et inversement.
Mais au fond, nous cherchons tous la même chose : le repos, la récupération, la sécurité, la proximité. Un endroit où l’on peut lâcher prise.
Et cet endroit est différent pour chacun. Un futon. Une poussette. Un hamac. Un grand lit familial. Ou simplement : votre propre lit.
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